Treme

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Scénario
Note Scénario
Réalisation
Note Réalisation
Mise en scène
Note Mise en scène
Personnages
Note Personnages
Son
Note Son
Lumière
Note Lumière

La Nouvelle-Orléans post-Katrina abrite l’intrigue de Treme, création d’Eric Overmyer et de David Simon (à qui l’on doit la cultissime série The Wire). C’est plus précisément dans le quartier ravagé du Tremé (berceau du carnaval et du jazz) que le récit se déroule. Ainsi, les personnages hétéroclites qui nous sont présentés tentent de surmonter la difficile situation à laquelle ils doivent faire face. C’est donc trois mois après l’ouragan dévastateur d’août 2005 que la série débute.

Voyage au bout de la Nouvelle-Orléans dévastée

Dans un décor chaotique, entre des décombres renfermant de macabres secrets (plus de 1.800 personnes ont périt lors de cette catastrophe naturelle) et les incessantes rondes de police se trouvent des hommes et des femmes qui essaient tant bien que mal de s’en sortir malgré le sentiment d’abandon qui les anime. Le chômage, les indemnisations tardives tout comme la recrudescence de la délinquance sont tant de problèmes pointés du doigt de manière simple mais efficace par D. Simon et E. Overmyer. Treme n’est pas tant une fiction mais à vrai dire une description réaliste des conditions d’existence de personnages parfois inspirés de personnalités réelles (Ainsi, Davis McAlary s’inspire du disc-jockey Davis Rogan). De plus, Treme est un programme dénué de tout artifice. Parfaitement documentée la série permet une immersion progressive dans un contexte marqué par le deuil, la corruption mais aussi la défaillance du système judiciaire, pénitentiaire et éducatif. Toutefois, si la Nouvelle-Orléans est en convalescence, le sentiment de désespoir ne domine jamais. La série oscille en effet entre douleur, amertume, joie et persévérance. Quant aux longueurs ressenties par moment, elles permettent une meilleure immersion dans le quotidien des protagonistes qui reflètent parfaitement le melting-pot de « The Big easy », cœur français battant en pleine Louisiane, la Nouvelle-Orléans étant un mélange des communautés noires, blanches, indiennes, cubaines et haïtiennes.

La musique : actrice principale de Treme

Concernant les protagonistes, il y en est un qu’il ne faut pas oublier. Il s’agit de la musique. Plus qu’une trame de fond, la musique est une actrice à part entière. Elle accompagne chaque moment de la série. Ce n’est pas pour rien que chaque morceau prend une part prépondérante dans chaque épisode, qu’il s’agisse de Jazz, de Rock, de Rythm and blues ou encore de Hip-Hop, c’est ici un parfait exutoire de sorte que les mots d’Huxley prennent toute leur ampleur lorsque ce dernier écrit qu’ « après silence, ce qui vient le plus près à exprimer l’inexprimable est musique ». Elle est comme le prolongement des dialogues et vient illustrer avec justesse les sentiments de chacun. Il semble en effet que le lien même ténu entre toutes ces personnalités (outre l’ouragan) soit la musique. D’ailleurs, d’excellent musiciens figurent au casting (parmi eux on compte Elvis Costello, Allen Toussaint, Ron Carter ou encore Kermit Ruffins).

Treme est un bijou humaniste et c’est sans doute pour cela que la série a été reconduite pour une troisième saison (l’idée d’une quatrième saison étant actuellement en discussion). Bien que ses (longs) passages musicaux gagneraient probablement à être raccourcis (principalement dans la deuxième saison) il n’en demeure pas moins que cette série est une vraie pépite qui fait le pari osé de montrer un lieu délaissé des autorités fédérales où parfois, même les oiseaux ne sont pas revenus (Pour l’anecdote, la Federal Emergency Management Agency -agence fédérale des situations d’urgence- s’est ainsi transformée sur les murs de la ville en Fix Everything My Ass, traduisez par tout arranger mon c**).

On peut néanmoins déplorer le parti pris par Simon lorsqu’il décrit les visiteurs de la Nouvelle-Orléans. En effet, si les personnages touchés par l’ouragan sont « choyés », les autres sont souvent ridiculisés voire attaqués. La seule ombre au tableaux réside dans le fait que le désir ardent de D. Simon de faire l’éloge de la Nouvelle-Orléans nous amène progressivement vers une vision manichéenne opposant d’innocentes victimes au reste du monde incapable de comprendre quoi que ce soit à la situation des premiers. Par ce manque de nuance, le considérable travail de documentation est, malheureusement, en quelque sorte altéré.

« It’s not TV », voici la devise de la chaine HBO (chaine diffusant le programme aux Etats-Unis) et en effet, il ne s’agit pas ici de télévision, de personnages crées de toute pièce et grossièrement drapés de clichés en tout genre. Non, comme le dit David Simon il s’agit ici d’une manière « d’accéder au réel ».

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